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Lille « Ne pas armer la police municipale, c’est irresponsable »

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 Les explications de la ville sur les difficultés de recrutement au sein de la police municipale a mis l’USPPM en pétard. L’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux dénonce « l’idéologie » de la ville et promet d’engager sa responsabilité pénale en cas de drame.

« Les profils de Rambo ne nous conviennent pas », la formule, qui ne peut résumer notre article et le propos de la ville, n’est pas passée auprès de l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux (USPPM). « Les policiers municipaux armés ne sont pas des «Rambo» mais des femmes et des hommes désireux de rentrer indemnes après leur service pour rejoindre leur famille ! Les armes qu’utilisent les malfrats sont des armes de guerre et certains élus employeurs refusent de doter les policiers municipaux sous divers prétextes fallacieux, tout en leur demandant d’exercer des missions de sécurité publique », indique Jean-Louis Del Pistoia, directeur national de la communication de l’USPPM. Et d’ajouter, évoquant les attentats de Paris : « Comment peut-on arrêter un véhicule lancé dans la foule sans moyens ? » L’USPPM indique par ailleurs sa volonté de poursuivre les élus sur le plan administratif et pénal « en cas d’atteinte à l’intégrité physique d’un agent ou pire ».

«On ne vit plus dans un monde de Bisounours!»

Comme Bordeaux, et bientôt Paris où Anne Hidalgo veut créer une police municipale sans armes à feu, Lille a fait le choix de ne pas armer les policiers municipaux estimant que cette police du quotidien « n’a pas à se substituer à la police nationale. » Argument que Sylvain Sergent, référent USPPM à Lille, brigadier-chef à Lomme, ne peut plus entendre. « On ne vit plus dans un monde de Bisounours ! Plusieurs collègues sont tombés face à des terroristes. Et Lille n’est pas une commune à part en France. Il y a beaucoup de difficultés dans les quartiers. Nous sommes de plus en plus exposés. Tout est une cible potentielle dans une ville comme Lille. Les policiers municipaux sont sur le terrain 24 h/24. »

La formation intègre des exercices avec une arme

Le discours de proximité prôné par la ville serait loin de la réalité : « On intervient pour les tapages nocturnes, les troubles à l’ordre public, il arrive que l’on tombe sur des flagrants délits de braquage. Nous sommes mobilisés pour toutes les grandes manifestations... Il peut tout arriver dans ces moments-là. » Selon lui, la majorité des policiers municipaux de Lille réclame une arme létale. « Le maire ne veut pas l’entendre, pour des questions d’idéologie. C’est irresponsable. Mais
d ans les formations assurées par le CNFPT, nous sommes entraînés à réagir avec une arme que nous n’avons pas. » Malgré des conditions de travail plus favorables qu’ailleurs (horaires 8 h-12 h/14 h-17 h et 12 h-19 h une semaine sur deux, heures supplémentaires rémunérées...), les titulaires seraient de moins en moins nombreux à postuler à Lille. « Il y a de moins en moins de monde sur le terrain alors que les Lillois attendent toujours plus de nous. »

 Angélique Da Silva Dubuis | 18/02/2019

Article paru sur lavoixdunord.fr