UNION SYNDICALE PROFESSIONNELLE DES POLICIERS MUNICIPAUX
——.U.S.P.P.M.——
L’USPPM dit « NON » à de nouvelles responsabilités sans aucune avancée sociale
Depuis des années, l’État se désengage progressivement de ses responsabilités en matière de sécurité publique, transférant toujours plus de missions aux polices municipales. Cette stratégie de délégation se fait sans accompagnement social ni financier, laissant les agents locaux assumer des charges toujours plus lourdes, sans les moyens ni la reconnaissance qui devraient les accompagner. Pendant que l’État se décharge, les collectivités locales, elles aussi étranglées financièrement, sont contraintes de faire plus avec moins, au détriment des conditions de travail et de la reconnaissance sociale des policiers municipaux. Ce désengagement profite néanmoins à certains maires, qui n’hésitent pas à s’appuyer sur le renforcement apparent de leur police municipale pour alimenter leur campagne électorale sur le thème de la sécurité, tout en laissant les agents en première ligne sans moyens ni soutien.
Demandez vous à qui cela va profiter ? aux policiers municipaux dont le volet social est en berne depuis 1999 ou aux maires?
Depuis plus de 25 ans, les policiers municipaux attendent en vain une évolution de leur volet social. À chaque nouvelle prérogative, à chaque élargissement de mission, les promesses d’un volet social revalorisé ont été brandies comme une carotte pour faire passer la pilule. Mais ces promesses se sont révélées vaines, et les agents municipaux continuent de travailler avec des salaires et des droits sociaux inchangés, malgré la multiplication de leurs responsabilités. Alors que l’on nous confie de nouvelles missions comparables à celles de la Police Nationale ou de la Gendarmerie, aucune mesure concrète n’a été mise en place pour aligner notre régime social sur ces nouvelles exigences. Cette stratégie, répétée depuis des décennies, sacrifie le bien-être des policiers municipaux pour des objectifs budgétaires et électoraux, créant un profond sentiment d’injustice et une colère légitime face à ces promesses sans lendemain.
La police municipale victime de Dumping Social
Depuis plusieurs années, l’État pratique un véritable dumping social sur la sécurité publique en transférant, petit à petit, des missions autrefois assurées par les forces de sécurité étatiques (Police Nationale, Gendarmerie) vers les polices municipales. Ce transfert ne se fait pas innocemment : il permet à l’État de se désengager financièrement en confiant ces missions régaliennes à des agents municipaux, moins bien payés et surtout rémunérés par les collectivités locales. Communes et communautés de communes, déjà soumises à des restrictions budgétaires, se retrouvent à financer des services de sécurité supplémentaires sans bénéficier d’aides suffisantes. Résultat : l’État réduit ses coûts, les maires se voient dotés d’un argument sécuritaire pour leurs campagnes, mais ce sont les policiers municipaux qui se retrouvent à assumer toujours plus, avec des moyens et une reconnaissance qui n’évoluent pas. Une logique qui met en péril la cohésion sociale et l’efficacité de la sécurité publique.
Le transfert progressif des missions autrefois assurées par la Police Nationale (PN) ou la Gendarmerie Nationale (GN) vers les polices municipales (PM) se fera au détriment des missions propres à notre corps. Les forces étatiques ne se préoccupent pas de rédiger les arrêtés de circulation, de sécuriser les entrées et sorties des écoles, de gérer les Obligations Légales de Débroussaillement (OLD), de traiter les abandons de concessions, de suivre les dossiers d’animaux catégorisés, de réguler les taxis sur la commune, d’organiser la sécurité des festivités locales, ou encore de gérer la fourrière animale. Pas plus qu’ils ne font les patrouilles pédestres pour rencontrer les riverains et commerçants, réguler le stationnement en zone bleue, ou assurer la surveillance générale du territoire. Ce sont là des missions essentielles et spécifiques, que nous, policiers municipaux, assurons au quotidien. Pourtant, on nous demande d’accepter sans sourciller des prérogatives supplémentaires, destinées à compenser le désengagement progressif de l’État. Cette logique de dumping social, où l’État transfère ses responsabilités sans fournir les moyens, met en péril non seulement nos conditions de travail, mais aussi l’équilibre même des missions de proximité que nous devons continuer à remplir. À force de vouloir singer la Police ou la Gendarmerie Nationale, on oublie que notre véritable rôle est au service direct de nos communes et de nos administrés.
Certains policiers municipaux se montrent favorables à l’extension de leurs prérogatives, mais il faut comprendre pourquoi : ce n’est pas par volonté d’imiter la Police Nationale (PN) ou la Gendarmerie (GN), mais bien parce que, sur le terrain, leurs missions ont déjà dérivé par nécessité. Le manque d’effectifs des forces étatiques les contraint à combler les défaillances de l’État. Dans de nombreuses communes, les policiers municipaux se retrouvent à assurer des missions qui ne devraient pas être les leurs : interventions sur des délits relevant de la PN ou de la GN, gestion de la sécurité publique au quotidien, voire même certaines formes d’enquête ou de maintien de l’ordre. Ce glissement progressif s’est fait sans moyens supplémentaires et sans reconnaissance sociale.
Depuis plus de 25 ans, les policiers municipaux voient leurs missions s’alourdir, mais le volet social, lui, est resté au point mort. Chaque nouvelle prérogative s’accompagne de promesses jamais tenues, laissant les agents travailler toujours plus sans moyens ni reconnaissance. L’État et certains élus locaux profitent de cette injustice, laissant la PM combler les manques des forces étatiques au détriment de sa mission première et du bien-être des agents.Ils s’engouffrent dans cette brèche, profitant de l’aubaine pour renforcer leur image à des fins électorales.
A l’USPPM nous ne pouvons ignorer les pièges de ces propositions qui occultent les réelles revendications des policiers municipaux :
– La Catégorie B (comme les agents de la pénitentiaire)
– Les 1 ans tous les 5 ans (comme les pompiers)
– une revalorisation des grilles indiciaires
– un armement obligatoire
Le principe de la libre administration des collectivités locales ne peut pas nous être opposé indéfiniment !
Le Conseil Constitutionnel a retoqué ce principe à plusieurs reprises sur la base de l’intérêt général. Ce pose donc la question, dans un contexte d’hyper violence la sécurité publique relevant de l’intérêt général, l’armement de tous les Pm ne relèverait il pas de cet intérêt général.
DUMPING SOCIAL SUR LA POLICE MUNICIPALE
Depuis plus de 25 ans, l’État se désengage de ses responsabilités régaliennes en matière de sécurité. Résultat ? Les polices municipales sont contraintes de reprendre les missions de la Police Nationale et de la Gendarmerie, mais sans les moyens ni la reconnaissance.
Des prérogatives supplémentaires, toujours accompagnées de promesses sociales… jamais tenues.
Des missions spécifiques à la Police Municipale délaissées au profit des missions de sécurité publique que l’État abandonne.
Des agents municipaux épuisés, sacrifiés pour compenser le manque d’effectifs étatiques.
Des maires qui profitent du système pour soigner leur image « sécuritaire » en campagne électorale.
Exigeons le volet social des Policiers Municipaux soit enfin revalorisé et que l’État assume ses responsabilités et que !
Pas de nouvelles missions sans moyens, pas de nouvelles prérogatives sans reconnaissance sociale.
« Pas de nouvelles missions sans moyens, pas de nouvelles prérogatives sans reconnaissance sociale. ! »
« La police municipale n’est pas là pour combler les manques de l’État ! »
« Pas de carotte, pas d’illusion : le social avant les missions !
Lunel, le 2 juin 2025
Le Bureau National



